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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 09:55

 Contrairement à ce que veulent nous faire croire certains, et nonobstant les criailleries de la droite, les protestations de Valérie Pécresse, moulin à parole de la droite, les protestations de l' UMP qui se répand sur les media en multipliant les fausses alertes sur les dangers pour l'emploi, la taxation des plus riches est une condition de l'efficacité économique et du redressement de la France. 

En effet, la dette colossale que nous a léguée le précédent gouvernement et qui est largement due à la politique désastreuse de sa politique suppose un effort collectif et consenti par le plus grand nombre.

Les Français s'attendent à des ponctions et, si l'on s'en réfère aux sondages, y sont prêts, à condition que l'effort soit équitablement réparti et pèse essentiellement sur ceux qui ont largement profité de la politique inégalitaire de la droite.

Le redressement de la France suppose en effet que tout le monde retrousse ses manches.  

En période de crise, si les Français ne participent pas collectivement la confiance ne reviendra pas, le dynamisme ne sera pas là; et l'échec est assuré. Chacun tirera la couverture à soi. Ceux qui peuvent détourneront la loi pour échapper à la fiscalité...placement dans les paradis fiscaux...comptes truqués et j'en passe. Les autres essaieront de s'en sortir, comme ils peuvent.

La grande cause que nous proposent le Président de la République et le Premier Ministre ne peut réussir que s'il y a ce que Ségolène Royal appelle l'ordre juste.

Le temps est donc venu de faire payer les plus riches, et de pratiquer ce qu'appelle également de ses voeux Ségolène Royal: le donnant donnant

Taxer à 75 % les revenus au-delà de 1 million annuel d'euros, limiter les parachutes dorés, les retraites chapeaux, les bonus excessifs... Beaucoup a été dit sur le caractère juste et équitable de ces mesures. Je voudrais insister sur un aspect peu évoqué, mais plus controversé : leur efficacité économique.

 Des efforts sont jugés nécessaires par le Président de la République et le gouvernement. Mais ils ne peuvent être imposés seulement au peuple. Pour être efficaces, ils doivent être acceptés car ils supposent le rassemblement des Français vers cet objectif.

Les Français s'y attendent, et y semblent prêts, si on s'en réfère aux sondages, mais à condition qu'ils soient équitablement répartis et plus au détriment de ceux qui ont largement profité de la situation et ont des revenus élevés et très élevés. C'est ce que Ségolène Royal appelle" l'ordre juste."

A l'évidence la continuation d'une politique de plus en plus inégalitaire ne pourrait que se traduire par des positions de refus, des grèves, voire une révolution.

"Dans son rapport Toujours plus d'inégalité : pourquoi les écarts de revenus se creusent (26 mars), l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) constate l'impact déterminant des augmentations de salaires des dirigeants, sans commune mesure avec celles des autres salariés. L'OCDE note que "le contrat social commence à se lézarder dans de nombreux pays" et constate que la France fait partie, avec le Japon, l'Italie et le Royaume-Uni, des pays dans lesquels "les taux supérieurs du barème de l'impôt sur les revenus ont le plus fortement diminué". A 40 % en 2010, il est devenu inférieur à celui de l'Allemagne ou de l'Australie (45 %) et surtout du Royaume-Uni (50 %). Le conseil des prélèvements obligatoires a montré que la progressivité de l'impôt s'atténue pour les plus riches.

Ce qui est vrai à l'échelle macroéconomique l'est aussi à celle des entreprises. Lorsque la rémunération des dirigeants atteint des niveaux jugés trop élevés, la cohésion des équipes et l'engagement des salariés se lézardent. Ainsi, par exemple, une étude américaine citée par Jeffrey Pfeffer et Robert Sutton, professeurs de management à l'université Stanford (Californie), dans Hard facts, dangerous half-truths and total nonsense : profiting from evidence-based management (Harvard Business School Press, 2006), menée auprès de 102 unités opérationnelles, a montré que "plus l'écart entre la rémunération des dirigeants et celle des salariés était important, plus la qualité du produit était médiocre". Les rémunérations excessives jettent le discrédit sur les efforts d'amélioration de la compétitivité. La détermination d'une "juste" rémunération est toujours un compromis entre cohérence interne et compétitivité externe. La première doit être privilégiée en temps de crise.

L'argument principal émis par les opposants à cette mesure est le risque de départ des "meilleurs" manageurs. Ce risque suppose l'existence d'un marché du travail internationalisé pour les dirigeants. Or un tel marché est loin d'être constitué. Un sociologue a récemment publié une étude minutieuse du parcours des dirigeants à la tête des principales entreprises en Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie,EspagneChine, au Japon et aux Etats-Unis (Michael Hartmann,Internationalisation et spécificités nationales des élites économiques, Actes de la recherche en sciences sociales, no 190, décembre 2011). La conclusion est sans appel : "La proportion des étrangers dirigeant ces grands groupes est très faible, aux alentours de 5 %. Si on excepte les dirigeants issus de la même sphère linguistique et culturelle (comme les Suisses et les Autrichiens en Allemagne), ce pourcentage n'atteint plus que 2 %."

Les dirigeants français disposent-ils d'une expérience internationale qui leur permet d'exercer leurs talents ailleurs ? C'est le cas pour certains d'entre eux, mais ils restent des exceptions. La part des dirigeants nationaux qui peuvent s'appuyer sur une expérience de plus de deux ans (de formation ou de pratique) à l'étranger est très faible en France (7,9 %), tout comme aux Etats-Unis (7,4 %) et en Chine (8 %), les autres pays étudiés étant plus avancés à cet égard : 20 % en Allemagne, 13 % en Grande-Bretagne, 14 % en Italie, 10 % en Espagne et 32 % au Japon.

L'économiste Thomas Philippon, dans Le Capitalisme d'héritiers (Seuil, 2007), a mis en exergue quatre difficultés spécifiques du management à la française : la rigidité hiérarchique, la difficulté à travailler en équipe, l'importance trop grande du diplôme initial et de l'origine sociale, et le déficit de promotion interne. L'institut européen Eurofound vient de publier sa cinquième étude sur les conditions de travail (Fifth Working Conditions Survey - Overview Report, Eurofound, avril), dans laquelle il mesure l'intensité de l'implication des salariés dans l'amélioration des processus de travail. En dehors de la Turquie, c'est en France - mais aussi en Allemagne - que celle-ci est la moins développée, à l'inverse des pays d'Europe du Nord.

Ce manque de maturité du management à la française est mis en évidence par l'enquête réalisée par BVA pour BPI Group dans 11 pays auprès de 6 800 salariés (mai 2011) : seuls 13 % des salariés français ont une très bonne opinion des dirigeants de leur entreprise. Ce taux de satisfaction est très faible comparé à celui atteint dans la plupart des autres pays (par exemple 28 % aux Etats-Unis).

La taxation à 75 % réduira les écarts de niveau de vie et de mode de vie. Loin d'obérer la performance économique, elle contribuera à l'évolution vers un management plus respectueux de l'humain, plus attentif aux contraintes des salariés.

Les hautes rémunérations des dirigeants sont souvent justifiées par l'impact qu'ils auraient sur la performance de l'entreprise qu'ils dirigent. Mais il n'y a qu'un seulSteve Jobs : la réalité incite à davantage de modestie. J. Pfeffer et R. Sutton estiment que, dans les grandes entreprises, l'impact des dirigeants ne compte que pour 10 % environ de la performance. Phil Rosenzweig cite dans The Halo Effect(Free Press, 2007) une étude de Marianne Bertrand (université de Chicago) etAntoinette Shoar (Massachusetts Institute of Technology) publiée en 2003, qui montre que l'impact personnel des dirigeants explique environ 4 % de la performance de leur entreprise.

La taxation à 75 % contribuera à affirmer que la performance durable est le fruit d'un collectif de travail. La régulation des rémunérations des dirigeants requiert l'implication du comité d'entreprise sur la définition de critères incluant les performances sociales et environnementales (et pas seulement financières ou économiques). L'indexation d'une partie significative de la rémunération variable des managers sur des critères de performance extrafinanciers constituera la première pierre d'un changement durable, pour redonner du sens au travail, individuel et collectif, et à la performance.

(Martin Richer, consultant en RSE, est membre de Terra Nova. Il a été directeur marketing d'Oracle Europe, vice-président Europe de BroadVision et directeur général du cabinet Secafi.")

Mais la taxation des riches ne peut suffire. De profondes modifications de structure et de conditions de travail sont nécessaires. Le système ne fonctionne plus!

L'initiative de la grande conférence sociale nationale du gouvernement est à ce titre une excellente idée car la négociation entre le Gouvernement etles forces vives de la nation peut changer profondément la donne et permettre d'avancer, d'adapter nos structures sociales aux exigences du 21° siècle.

François Hollande n'a pas tort lorsqu'il souligne, dans son discours d' ouverture de cette conférence que notre système social, mis en place en 1945 par le Conseil National de la Résistance, a 62 ans, que le monde a évolué, qu'il faut le conserver mais trouver de nouveaux modes de financement. Tout ne peut pas être à la charge du travail. Ceux qui, comme le dit Ségolène Royal s'enrichissent en dormant doivent être mis à contribution. Les entreprises ne peuvent être compétitives en supportant avec les salariés les charges sociales. Une négociation collective est mise en place à ce sujet...Et quels qu'en soient les résultats, le Gouvernement tranchera.

La conférence Sociale a permis de préciser la feuille de route que Jean Marc Ayrault, soyons en sûrs suivra à la lettre.

Le JDD résume parfaitement les premiers résultats de la conférence.

Ce qui a été décidé lors de la conférence sociale

DECRYPTAGE - La grande conférence sociale, qui réunit autour du gouvernement syndicats et patronat, a lancé mardi les chantiers des réformes sociales. Revue de détails des premières pistes de réformes.

Ce qui a été décidé lors de la conférence sociale

DECRYPTAGE - La grande conférence sociale, qui réunit autour du gouvernement syndicats et patronat, a lancé mardi les chantiers des réformes sociales. Revue de détails des premières pistes de réformes.

Négociation en septembre sur le contrat de génération

A l'issue de la table ronde sur l'emploi autour du ministre du Travail, Michel Sapin, les participants sont arrivés à un accord pour démarrer une "négociation" en septembre sur le contrat de génération, idée phare de François Hollande pendant sa campagne. La mesure, qui vise à créer un "tutorat" entre un junior et un senior dans l'entreprise, devrait être mise en place en 2013.

Réforme des licenciements boursiers

Le gouvernement veut dissuader les entreprises d'avoir recours aux licenciements boursiers. Mais les syndicats peinent à s'accorder sur cette délicate question. D'un côté, la CGT demande leur redéfinition par une loi alors que le Medef voudrait éviter toute législation. Le sujet sera discuté lors d'une négociation plus large sur l'emploi, selon la CGT.

Des propositions sur les retraites au printemps 2013

Le gouvernement entend rouvrir le dossier des retraites. Un groupe d'experts va ainsi être chargé de proposer des pistes pour réformer le système de retraites. Il devrait voir le jour en septembre à l'initiative du gouvernement et rendre ses propositions "au printemps 2013". Ce groupe d'experts procèdera à des consultations pour "imaginer les retraites à long terme". Une loi pourrait intervenir ensuite, selon les syndicats. Mais Jean-Claude Mailly (FO) semble sceptique : "On ne peut pas dire que le consensus existe. Il n'existait pas avant je ne vois pas pourquoi il existerait demain."

Limiter les salaires des dirigeants du privé

Le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, a fait état de "convergences" pour limiter, voire interdire certains salaires "excessifs". Il a confirmé que le gouvernement présenterait "à l'automne un projet de loi qui "à la fois régulera voire prohibera certaines pratiques" qui semblent excessives et "donnera davantage de place aux représentants de salariés dans les instances qui fixent les rémunérations". Ce projet doit être élaboré après un "débat". "Le gouvernement ne peut certes pas plafonner les rémunérations dans le secteur privé" mais peut intervenir pour accroître "la transparence" et limiter les excès, souligne pour sa part le ministre du Travail, Michel Sapin.

Indexer le Smic sur la croissance?

Une concertation en vue d'indexer le Smic sur la croissance sera lancée "à partir de l'automne", selon des sources syndicales. Cette idée avait déjà été lancée par François Hollande durant la campagne.

Réformer le financement de la protection sociale

Une réforme du financement de la protection sociale devrait faire l'objet d'une concertation. Il s'agit d'alléger les charges des entreprises, en transférant éventuellement une partie du coût sur la CSG. Mais Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, n'y est pas favorable et la présidente du Medef, Laurence Parisot, dénonce la dégradation de la compétitivité des entreprises. Elle a toutefois salué l'ouverture d'une telle "concertation" mais souhaité "des simulations et des études d'impact" avant toute décision.

Négociation sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle

Une négociation sur la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle s'ouvrira le 21 septembre, a indiqué mardi à l'AFP l'entourage de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Les syndicats voudraient fixer une durée minimale pour les temps partiels, qui permettrait aux salariés dans cette situation – le plus souvent des femmes - de pouvoir prétendre aux indemnités journalières en cas de maladie, aux cotisations retraites ou à la formation professionnelle. La question de la majoration des heures complémentaires pour les temps partiels sera aussi discutée. Najat Vallaud-Belkacem souhaite que la négociation puisse s'achever le 8 mars, journée mondiale des droits des femmes. Le gouvernement souhaite aussi réfléchir, d'ici à la fin de l'année, à une refonte éventuelle de l'articulation des temps de la vie privée et de la vie professionnelle. La ministre des Droits des femmes a aussi indiqué mardi aux partenaires sociaux vouloir assurer une représentation équilibrée des femmes dans les instances représentatives du personnel (comités d'entreprise et délégués du personnel) ainsi que dans les comités directeurs et les comités exécutifs des entreprises, où elles restent très peu, voire pas du tout représentées.

 

LE GRAND CHANTIER EST OUVERT. L'AVENIR DIRA L'AMPLEUR DU CHANGEMENT ET SON EFFICACITE.

 


Martin Richer

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