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14 septembre 2013 6 14 /09 /septembre /2013 18:24

 

163494_1553629685625_1381671987_31303312_1141965_s.jpgSos le titre " la delinquance explose, le blog M démontre comment le Figaro triture les chiffres de la délinquance, dénature et fausse la statistyique pour conclure à une aggravation des actes répréhensibles depuis l'arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité. Mensonges éhontés. Mauvaise foi caractérisée. La droite décidément n'a aucun scrupule lorsqu'il s'agit de détruire , de démolir, de critiquer ses adversaires. Quand on agit en faussaires, il n'y a plus de démovratie car on n'a d'autres objectifs que de mentir au peuple, de le tromper. Encore un journaleux qui ne mérite pas d'avoir le droit d'écrire dans un journal à moins que ce ne soit la ligne politique adoptée par un quotidien qui n'est plus alors qu'un chiffon de papier.

 

La délinquance explose… ou pas

 
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"Insécurité, l’alerte rouge", titre ce matin, mardi 10 septembre, Le Figaro. Le quotidien assure, en "une", que "tous les indicateurs des statistiques de la délinquance du ministre de l’intérieur sont à la hausse" (Lire ici et ici). Décryptage.

Que sont les indicateurs "du ministre de l’intérieur"? Le Figaro se fonde, principalement, sur les nouveaux indicateurs présentés en janvier par Manuel Valls. 14 agrégats qui rassemblent les faits de délinquance par thèmes (violences, violences sexuelles, tranquillité publique, criminalité, etc.). Depuis avril, pour une première partie, et depuis juin, pour une deuxième partie, l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) publie ces chiffres à la fin de son bulletin mensuel.

Les chiffres de juillet "obtenus" par Le Figaro sont donc ceux qui ont été publiés par l’ONDRP fin août et qui sont disponibles pour tout un chacun sur le site Internet de l'Observatoire. Mais le quotidien évoque également des tableaux de bord internes sur l’activité des policiers et des gendarmes.

Les chiffres de la délinquance sont-ils fiables? Depuis plusieurs mois, deux problèmes méthodologiques compliquent singulièrement la lecture des statistiques de la délinquance.

Tout d’abord, un changement de système informatique chez les gendarmes en 2012, qui entraîne des évolutions erratiques, et déconnectées de la réalité, de certains indicateurs, notamment en ce qui concerne les violences sexuelles. Depuis novembre 2012, l’ONDRP a donc fait le choix de publier séparément les statistiques de la police et celles de la gendarmerie. Le Figaro a préféré les additionner.

Ensuite, la "pratique de dissimulation massive" des faits de délinquance dénoncée par l’Inspection générale de l’administration (IGA) dans un rapport de juin 2013. La mission de l’IGA a fait état de "doutes très forts sur la fiabilité des statistiques de la délinquance à Paris en 2012", par exemple.

Or, les évolutions des chiffres de la délinquance se mesurent sur douze mois glissant. Pour les chiffres cités par Le Figaro, la période août 2012-juillet 2013 est donc comparée à la période août 2011-juillet 2012, en grande partie préélectorale et concernée par ces biais statistiques.

"Tous" les indicateurs augmentent-ils? Les atteintes à l’intégrité physique (violences) augmentent de 2,9%, selon Le Figaro, qui additionne donc police et gendarmerie. A la lecture du bulletin de l’ONDRP, on se rend compte qu'elles sont stables chez les policiers (+0,1%, 383 faits supplémentaires pour un total de 370 608), mais qu'elles explosent chez les gendarmes (+12,9%, soit 13 376 faits de plus, pour un total de 117 252).

Si l’on rentre dans le détail, on constate que cette hausse est constituée, en totalité, de violences dites "non-crapuleuses", c’est-à-dire qui ne sont pas commises à l’occasion de vols. Les violences "crapuleuses" sont au contraire en baisse chez les gendarmes. De plus, tous les indicateurs qui constituent cette hausse présentent une "rupture de continuité" statistique, selon l’ONDRP, en raison du changement informatique des gendarmes. Un simple exemple, les "harcèlements sexuels sur mineurs" qui auraient augmentés de 34,6%, soit 1 298 faits de plus sur un an. Peu crédible.

Vient ensuite l’un des nouveaux indicateurs de Manuel Valls, la "grande criminalité", en hausse de 5,2%. C’est un agrégat fin, qui représente, sur les douze derniers mois, 16 581 faits, sur plus de 3 millions de crimes et délits enregistrés par les forces de l’ordre. La hausse représente donc un peu plus de 860 faits supplémentaires sur un an... Lesquels? Le Figaro cite les règlements de comptes (+10%). Mais cela représente 6 faits en plus… On est loin du compte. Le quotidien évoque également les attentats à l'explosif contre des biens privés (+33,7%). Le pourcentage est spectaculaire… mais il ne s’agit encore que de 31 faits supplémentaires. C’est mieux, mais pas encore ça.

En fait, cessons-là le suspense, le gros de l’augmentation, plus des trois quarts, est constitué par deux rubriques dont la hausse témoigne de la plus grande efficacité des services de police et de gendarmerie: le démantèlement des réseaux de fausse monnaie (+184) et l’usage-revente de stupéfiants (+561).

Un signal négatif persistant, toutefois, la hausse des vols à main armée contre des commerces (+8,4%). Cela ne représente que 254 faits en plus, mais le phénomène est préoccupant. Tout comme la hausse des atteintes aux biens (+3,5%), dont les cambriolages (+9,3%).

Manuel Valls a-t-il "ouvert les vannes de l’immigration"? Le quotidien cite ensuite la baisse des infractions aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers. Elle est spectaculaire: - 56,8%, de 79 445 à 34 267. "Or, il devient difficile de se retrancher derrière la décision de la Cour de cassation qui avait considéré, en juillet 2012, que le séjour irrégulier d'un étranger ne pouvait suffire à le placer en garde à vue. Depuis janvier dernier, les forces de l'ordre ont obtenu un droit de rétention de 16 heures", explique au Figaro un haut fonctionnaire.

Ce dernier est manifestement mal renseigné. Le droit de rétention, destiné à permettre de vérifier que l’étranger interpellé est en règle, n’a pas les mêmes effets que la garde à vue, sinon, il est probable que la Cour de cassation se fâcherait à nouveau… La personne retenue n’est pas considérée comme un "mis en cause", selon le jargon policier, et n’est donc pas enregistrée en procédure. Elle l’est uniquement si le délit (non respect d’une interdiction du territoire français ou d'une décision d’éloignement) est prouvé à l’issue de la rétention. La baisse dans les tableaux statistiques est bien mécanique, pour une grande partie. Même si les nouvelles directives - ce n’est pas un secret - sont moins favorables à la recherche active des sans-papiers, largement utilisée dans la période précédente pour améliorer le taux d’élucidation global (1 fait constaté=1 fait élucidé).

Les policiers et les gendarmes travaillent-ils moins quand la gauche est au pouvoir? Selon Le Figaro, les heures passées en "missions opérationnelles" (sur le terrain) ont baissé de 10,2% dans la gendarmerie, et de 2,2% dans la police. Première chose: le chiffre côté gendarme est faux. L’auteur de l’article s’est vraisemblablement trompé de ligne dans les tableaux complexes et touffus de la Place Beauvau. La tendance est en fait la même que chez les policiers, à - 1,18%. De même, les missions de prévention (-3,3% chez les gendarmes et -6,1% chez les policiers, selon Le Figaro) sont en fait en hausse: +7,88% pour la gendarmerie et +10,67% pour la police, selon nos informations.

Et il faut être vigilant sur les périodes comparées: jusqu’à fin 2012, les effectifs - et donc le potentiel d’heures - étaient en baisse, sous l’effet des budgets votés par la précédente majorité. En 2013, ils ont été stabilisés, et ils n’augmenteront réellement qu’en 2014.

Enfin, à la veille de l'élection présidentielle, et donc lors de la période de comparaison, Claude Guéant avait mis en place un "plan d'optimisation opérationnelle": un budget avait été débloqué pour payer des heures supplémentaires aux policiers. 830 000 heures ont ainsi été effectuées. Un chiffre à ramener aux 2,5 millions d'heures en moins effectuées par les policiers et les gendarmes durant l'année suivante, selon Le Figaro.

Le dispositif, très onéreux, a été durement critiqué par la Cour des comptes.

Peut-on faire dire exactement le contraire aux derniers chiffres de la délinquance? La réponse est bien-sûr oui! On peut tout aussi bien conclure du dernier bulletin de l’ONDRP et de l’évolution des nouveaux indicateurs créés par Manuel Valls qu’en fait, tout va mieux, depuis mai 2012. Jugez donc: les atteintes à la tranquillité publique sont en baisse de 3,5%, les outrages à dépositaire de l’autorité de 5,6%, les regroupements illicites dans halls ou sur toits d'immeubles collectifs d'habitation de 26,5%, les feux de poubelles de 11,5%, les exhibitions sexuelles de 11,2%, etc.

Mais on va peut-être s'en abstenir…

Laurent Borredon

 

LES VRAIS CHIFFRES DE L'INSECURITE

 

 


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